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Auteur ? Qu’est-ce que c’est que ce travail ?

mardi 20 août 2013

On peut être l’auteur d’une bêtise quand on est responsable d’avoir cassé un pot de fleur… mais ce n’est pas à cet auteur là que je pense aujourd’hui. On apprend qu’un auteur c’est un créateur, de livre par exemple (mais pas seulement) S’il écrit… vous aussi… et pourtant on ne vous dit pas souvent que vous êtes auteurs. Bizarre. En quoi consiste ce travail alors ? Est-ce que c’est un travail d’ailleurs ?

Nous voyons le résultat : des livres, écrits, dessinés, avec des histoires dedans. Mais que fait l’auteur exactement ?

L’auteur invente, il imagine, il écrit, il dessine, oui d’accord, mais comment ? Est-ce que c’est difficile, est ce qu’il rencontre des problèmes ? Et d’ailleurs où se cachent-ils les auteurs ? Dans leurs livres ?

En fouillant bien, on peut en trouver quelques-uns et essayer de comprendre ce qui se cache derrière ce mot « auteur ».

Les livres proposés...

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Livre par livre

BD

En voici deux : Lewis Trondheim et Sergio Garcia, ils savent écrire, dessiner, et leur
spécialité c’est la bande dessinée. On peut savoir écrire, savoir dessiner et ne pas savoir fabriquer une bande dessinée. On sait les reconnaître les BD : il y a beaucoup de dessins, dans des cases… ou pas, du texte…ou pas, de longues histoires ou de très courtes, des signes que l’on reconnait tous alors qu’on ne nous les a jamais expliqué... C’est étonnant : on lit et on comprend tout de suite que ça va vite, que ça crie, qu’il y a un danger. On lit du texte et des dessins en même temps. Mais comment font-ils ?

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de Lewis Trondheim, Sergio Garcia chez Delcourt

Trondheim et Garcia s’y sont mis à deux pour nous l’expliquer et comme ils sont experts, ils nous expliquent comment marche la bande dessinée en faisant une bande dessinée. Ils parlent et montrent en même temps et soudain on sait tout sur les cases, leur taille, leur forme, leur cadre. Sur les lignes, les traits qui fabriquent du mouvement lent ou rapide, sur le texte et la façon dont il est écrit. De cela dépend ce
que l’on veut faire comprendre ou ressentir au lecteur. En BD il a des « trucs », mais ce n’est pas magique, c’est un grand travail de choisir et savoir faire pour que le lecteur ne soit pas perdu. Ces auteurs-là, ici nous montrent les secrets, non pas des secrets mystérieux mais des secrets techniques. Ils nous apprennent à lire
ces livres particuliers
. Et comme ils jouent ici au professeur de bande dessinée, ils vous donnent même des exercices pour vous entraîner à en faire.

Libre

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de Michaël Escoffier, Jean-François Dumont chez Kaléidoscope

Mais en BD ou ailleurs, pour raconter une histoire, il faut bien souvent des personnages. Et justement Mickaël Escoffier, auteur de son état, en cherche. Il a même accroché une petite annonce sur les arbres de la forêt « Auteur cherche figurants pour illustrer un conte pour enfants, se présenter à l‘adresse ci-dessous : « Mickaël Escoffier, chemin des Près » ! Le cerf, le sanglier, le renard et l’écureuil se demandent bien de quoi il s’agit (faire des figures, se casser la figure…) une fois qu’ils ont compris, grâce au dictionnaire, qu’un figurant joue un rôle, ils sont emballés et se rendent donc chez l’auteur pour lui montrer ce qu’ils savent faire. On ne le voit pas ce monsieur, mais il leur dit qu’il suffit juste de savoir crier… Ah ? bon… facile, parfait, ils sont tous embauchés et ne tardent pas à être très bons dans le rôle de crieurs… En effet, il y a de quoi ! Un dinosaure énorme apparait et commence à les courser dans toute la forêt. A bout de souffle ils reviennent se réfugier chez l’auteur. Et Là… SURPRISE !!! L’auteur enlève son déguisement… de dinosaure, et on le voit Mickaël Escoffier, lui-même, en photo. L’auteur !! Quel
piégeur !! La grosse blague ne fait pas rire du tout les animaux qui trouvent son histoire très nulle. Et vous ? Un auteur, est libre, il fait ce qu’il veut, des pièces et des surprises. Il décide de tout dans son livre.

Gribouillis

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de Perrine Rouillon au Seuil

Mais quelquefois, c’est l’auteur qui a des surprises et c’est ce qui va arriver à Perrine Rouillon, elle est là, il y a son ombre sur les pages de son livre pendant qu’elle dessine et écrit. Mais ça commence quand même par un drôle de titre « Tu me dessines et tu me regardes pas »…. Qu’est-ce que c’est que cette histoire Madame l’auteure ? Une histoire, pas sûr, elle commence par nous dire ce qu’elle va faire : dessiner tout ! Le monde entier de A à Z. Il a l’air un peu petit ce livre pour un tel projet… Elle commence un premier dessin mais n’est pas contente d’elle du tout, il faut recommencer, hop !nouvelle feuille ! Mais à ce moment : son dessin parle !! « hé ! Y a quelqu’un là ! ». en fait elle n’est pas surprise : elle est énervée « Qu’est-ce qu’il veut le gribouillis ?!!! » Et les deux commencent à se disputer : l’auteur et son dessin. Elle le trouve bâclé, pas élaboré, elle voulait dessiner l’abécédaire du monde et ce petit machin il pourrait juste aller à G comme gribouillis. Lui au contraire se trouve très élaboré comme dessin et soutient que c’est elle qui ne sait pas le regarder. Ils sont tellement fâchés qu’elle le traite de bouse, il lui dit que la bouse c’est elle qui l’a dans l’oeil. Elle veut faire un abécédaire, commence par Arbre. Elle ne voit pas son arbre mais le petit dessin va lui montrer, il fait l’arbre, il veut la convaincre qu’elle a bien fait. Elle se décourage et continue de s’énerver jusqu’au moment où elle dit « Arrête de te balancer sur cette branche !! » Ah….ça y est : elle voit. Elle se réconcilie avec son petit dessin, son petit tout, qui va lui permettre de Tout dessiner de A à Z : arbre, bouée, collant, escalier… Quelle histoire ! Il y a bien une histoire non ? Une histoire entre un auteur et le personnage qu’il a fait.

L’histoire qui dit qu’un auteur sait voir le monde à sa façon, et sait aussi nous le montrer (même si ce n’est pas toujours facile d’en arriver là).

Bricoler

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de Christian Voltz à L’Ecole des loisirs

L’auteur décide, même si le résultat ne plait pas à tout le monde, tant pis, c’est son choix et c’est ce que l’on voit. Christian Voltz ne se montre pas ni en dessin, ni en photo ni en ombre chinoise. Il nous montre que ce qu’il fabrique : des livres de bricoleur. Il suffit de regarder : des boulons, des bouchons, des capsules, des bouts de tissus, des manches d’outils, des fils de fer….. et c’est avec ça qu’il fait les histoires de ses livres cet auteur là ; que ça plaise… ou pas. Ici dans son histoire d’une jeune fille pirate, il y a un intrus, un trublion, un observateur, un lecteur qui est surtout râleur. C’est lui avec son grand chapeau qui intervient toutes les deux pages pour faire ses commentaires et râler beaucoup contre ce livre et cette histoire qui n’est pas comme il la voulait. « Monsieur Voltz vous vous fichez du monde ! Votre livre est le plus nul que j’ai jamais lu ! » Oui mais ce livre justement porte un autre titre, choisis par l’auteur…. Et c’est lui qui décide. Cette fois la surprise c’est ce petit personnage (inventé par Christian Voltz… on est bien d’accord ?) qui va l’avoir. Il fait démarrer une nouvelle histoire, celle d’un petit bonhomme grognon dessiné au départ …et que l’auteur, peu à peu transforme à sa façon car il est rejoint par la jeune fille pirate qui lui plaisait tant, « plupersonnégrognon » mais plutôt amoureux ! et finalement « c‘est bien le livre le plus génial » qu’il n’ait jamais lu, le petit bonhomme, une fois qu’il est complètement acteur de l’histoire. L’auteur a piégé et surpris à la fois son personnage mais nous aussi, les lecteurs. Que veut-il nous dire Christian Voltz ? Que les plus belles histoires sont celles que l’on vit ? Que l’on peut les vivre en entrant dans un livre ? Je ne sais pas moi, je ne suis pas dans la tête de l’auteur.

L’auteur on ne connait de lui que ce qu’il nous donne à voir et à lire parfois ce sont des questions, et beaucoup de quoi rire aussi.

Inspiration

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de J-Patrick Lewis, Roberto Innocenti chez Gallimard

Rire oui, mais quand on a perdu l’inspiration, l’imagination et même la mémoire ce n’est vraiment pas drôle, surtout quand on en a besoin pour faire son travail. C’est ce qui arrive ici à un peintre, Roberto Innocenti qui décide de partir pour essayer de retrouver son imagination. Le hasard l’amène au bord de la mer à « l’Auberge de nulle part », réservée à ceux qui ont perdu la mémoire. Le réceptionniste est un perroquet.

Curieuse auberge. Nulle part et pourtant tout un monde ici. Car il y a du monde,
beaucoup de curieux personnages que le peintre observe, découvre (ou redécouvre).
Un petit pêcheur, (on dirait le copain de Tom Sawyer, Huckleberry Finn), un marin chercheur de trésor avec une jambe de bois, une jeune fille dont les jambes se transforment en queue de poisson… (ça ne vous dit rien ?), un cowboy qui ressemble à un prince charmant, un aviateur dont l’avion s’écrase dans le sable (comme dans un désert…où il y aurait un petit garçon qui veut qu’on lui dessine un mouton…), un gentilhomme qui habite au sommet d’un arbre (j’ai lu un livre un jour qui s’appelait le Baron perché, il y ressemble) une baleine blanche poursuivie par un vieux capitaine…, un enquêteur, une poétesse. Pendant ce séjour il se passe toute une histoire entre ces personnages et le peintre à l’air de passer son temps à rêver. J’ai dit ces personnages, et pas ces gens parce qu’on peut les retrouver dans sa mémoire si on a lu leurs histoires (mais ce n’est pas obligatoire), ils viennent de livres, d’histoires (la Petite Sirène, le Petit Prince, Don Quichotte, Moby Dick) A force de les observer, de les découvrir, (les redécouvrir) le peintre retrouve ce qu’il avait perdu, son trésor « la capacité à rendre réel ce que l’esprit ne fait qu’imaginer ». Le petit pêcheur est sûr que ce peintre « a assez d’imagination pour nous balader jusqu’au jour où les crevettes sauront jongler ». Peut-être qu’on imagine avec ce qu’on a déjà vu, c’est avec ça qu’on peut inventer et faire : être un « auteur ».

Technique

On vient de trouver certaines choses sur ce que peut faire un auteur mais finalement
tout cela ce n’est que moi qui le dit… alors il vaudrait peut-être mieux qu’un auteur
parle lui-même de son travail, ce serait plus sûr. Anthony Browne, nous dit tout dans « Mon métier, mon oeuvre et moi ». Vous reconnaissez Marcel ? Il l’a dessiné un peu
vieilli et comme si c’était lui qui allait nous raconter sa vie et son travail. Il s’est
transformé en son chimpanzé Marcel. Et en lisant son histoire, l’histoire d’Anthony
Browne, on découvre que c’est un peu lui. Quand il était enfant il avait un grand frère,
plus grand, plus fort en tout et Anthony était comme Marcel, il essayait de grandir et de se débrouiller.

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de Anthony Browne, Joe Browne, Elisabeth Duval chez Kaléidoscope

Alors quand il le dessine et raconte ses histoires c’est toujours un peu de lui dont il parle. Il nous raconte aussi (parce qu’on lui pose toujours la question) pourquoi il a si souvent choisi des singes comme personnages. Il aime beaucoup les singes, ça le fascine depuis toujours, et en les regardant dans les yeux, il a toujours l’impression qu’il y a un humain caché à l’intérieur alors quand il les met dans les histoires, tout le monde peut se reconnaitre, Marcel ce n’est pas un petit garçon particulier, c’est n’importe lequel, tous.

C’est une autobiographie, Anthony Browne raconte son enfance, ses études, comment il a choisi de faire des livres pour enfants. Il nous dit ce qu’il aime et qui lui sert pour son travail : les singes mais aussi l’art, la peinture, les autres livres. Mais surtout il nous explique comment il travaille : il joue. Il joue au même jeu depuis qu’il est enfant : le jeu des formes. Regarder et transformer. Transformer une image ordinaire en extraordinaire, un tableau, une histoire qui existe déjà en une Autre histoire. Le plus important c’est savoir regarder « les plus grands artistes ont vraiment les yeux ouverts sur le monde ». « Chaque image raconte une histoire ». Et les idées alors ? comment viennent-elle pour en arriver à un livre écrit et dessiné.(p158/159) une idée ça vient sans prévenir, en petit morceau, alors il fait comme un film dans sa tête et commence à fabriquer…. Toujours avec le jeu des formes. Lui Anthony Browne travaille comme ça mais il y a autant d’auteurs que d’oeuvre, chacun a sa façon de faire, de trouver, d’inventer. Peut-être que le point commun des auteurs quoi qu’ils fassent (des livres, de la musique, de la peinture, de la poésie…) c’est Avoir une technique, savoir voir, montrer autrement ; fabriquer du nouveau avec leur vie, avec le monde qui les entoure, le transformer chacun à leur manière et nous le donner à voir..

Les livres de la Malle qui en parlent ?

Des livres aussi ?

Après avoir lu ou regardé ce document, allez voir dans la Malle si des livres parlent, pour vous, de la même chose. Ou les livres qui ont un lien, toujours pour vous. Bref, ce qui est dit là dans cette page à côté de quel livre le mettriez-vous ?

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Informations

  • Des Livres ?

    Voilà, nous avons choisi 200 livres. Certains peuvent apparaître comme ayant bien leur place dans cette « Malle Arts » mais peut-être avons-nous commis des erreurs.

    Il faut dire que l’on a eu très peu de temps pour que les Malles soient prêtes pour la rentrée.

  • Des documents ?

    Mais il n’y a pas que les livres pour explorer un monde de questions... D’autres documents peuvent nous aider.

    Et puis, durant des années, des centaines d’enfants ont travaillé sur des sujets tout proches. Ces travaux, ils vous sont proposés comme aide à d’autres réflexions, d’autres compréhensions...

  • Des activités ?

    Des livres, des documents... Pour en faire quoi ?

    Vous trouverez ici un catalogue d’activités possibles. Des enfants les ont déjà essayées et vous proposent avec leurs mots comment les réaliser.

  • Auteurs ?

    - Direction des Affaires Scolaires de la Ville de Paris
    - Centre Paris Lecture
    - Animatrices et animateurs Lecture de la Ville de Paris

    - Réalisation technique : Robert Caron
    - Bandes dessinées : Boutanox

    Remerciements aux participants de la liste Spip et tout particulièrement à Bernard Blazin et Maïeul Rouquette.

  • Informations ?

    20 malles thématiques pour tout Paris (5 sur le thème de l’Art, 5 sur Vivre ensemble, 5 sur Environnement, 5 sur Mutins, mutants).
    Dimensions des malles : la malle contient 4 cubes métalliques de couleurs vives
    Lieu de stockage : centre de ressources « Paris lecture » – 40, rue Corvisart – 75013
    Contenu : 160 à 200 livres en lien avec le thème, 5 tablettes numériques pour documents complémentaires et récolte des travaux des enfants.
    Disponibilité : le CPL prévoit un accompagnement correspondant à 3 types d’usages :
    - utilisation des malles sur des sites désignés par les CAS/PE sur des périodes de l’ordre de 6 semaines avec animateur CPL. Intervention sur les temps péri et extra scolaires et temps ARE ;
    - utilisation des malles dans le cadre des nouvelles actions lecture scolaires avec liens renforcés sur le périscolaire, CLSH et ARE ;
    - utilisation des malles avec les animateurs volontaires qui souhaiteraient s’impliquer dans un « Comité de pilotage des Malles ».
    Remarque : les porteurs de projets peuvent avoir une idée du contenu de chacune des malles en consultant les sites suivants :
    - http://malle-arts.org
    - http://malle-ensemble.org
    - http://malle-environnement.org
    - http://malle-mutins.org

M-à-J : mardi 10 janvier 2017